Quelle est la différence entre usure et intérêt en islam ?

Beaucoup de musulmans s’interrogent:

Y a-t-il une différence entre al riba et al fawaid en islam ?

Ou plutôt entre : usure, intérêt, et riba ? Réponse ici.

« Il y a une différence entre al-ribâ (l’usure, interdite dans le Code monétaire et financier français) et al-fawâ’id (les intérêts bancaires qui sont là pour compenser l’inflation et rémunérer l’emprunteur)… »

Voici un commentaire que j’ai reçu récemment sur un de mes articles…

Donc je me suis dit que ce sujet devait être traité afin que le musulman soit au courant de ce qui est permis (halal) , et de ce qui ne l’est pas (haram)..

Car lorsqu’on souhaite investir dans du halal, ou créer une entreprise, chacun d’entre nous a besoin de fonds.

Mais encore faut-il que le moyen de financement que nous utilisons soit halal et licite et conforme aux règles du commerce en islam.

Intérêts ou usure en islam : quelle législation utilisons-nous pour la licité ?

La question à se poser en amont dans cet article est de connaître la balance qui pour nous, musulman définit la licité ou l’interdiction de toute chose.

Le musulman se base sur le Coran, la Sounnah, le consensus (ijmaa’) et les paroles et avis de jurisconsultes dans ces fatwas religieuse. Les lois législatives humaines, auxquelles le musulman est soumis restent applicables, mais à conditions que celles-ci n’enfreignent pas les préceptes religieux.

Donc, le fait que le code monétaire et financier français autorise les intérêts, mais interdit l’usure nous importe peu.

Le fait que la France adopte une loi interdisant le voile, le niqaab, également. Ici se pose donc sans aucun tabou la notion de hijra (émigration d’un pays où l’islam n’est pas la religion d’état -et où donc, ceux-ci sont lésées par les législations- vers une terre d’islam).

L’autre question qui se pose également est le fait de savoir si on peu obéir afin d’éviter le moindre mal.

Pour cela, tournez-vous vers les personnes de sciences… car c’est souvent du cas par cas.

En résumé, le musulman dans l’optique de savoir si oui ou non ceci ou ceci est licite se base sur les avis religieux et non les lois.

Ceci en revanche ne veux pas dire que le musulman ne respecte pas les lois (nuance, je vous invite à relire et méditer cette phrase).

Pour illustrer ce propos, le musulman qui est obligé de prendre une assurance -islamiquement incorrecte- (car imposée par la loi), la prendra.

Mais est-ce que ceci veut dire qu’elle est pour le moins licite islamiquement parlant ? Non.

Différence entre usure et intérêt

Maintenant que nous nous sommes mis d’accord sur la balance que nous utiliserons pour juger si telle ou telle chose est licite en islam, penchons-nous ensemble sur la question de l’usure et de l’intérêt.
D’un point de vue étymologique :
L’usure désigne l’intérêt d’un prêt au taux abusif. Anciennement, l’usure désignait tout intérêt indépendamment du taux. Le prêt consiste en un capital ou une marchandise vendue à crédit. Le taux d’usure est défini par l’État ou bien fixé par la coutume.

Donc d’un point de vue rationnel : l’usure est tout simplement de l’intérêt à un taux abusif. Y a-t-il une différence sur le fond de la chose ?

Non, tout est intérêt. Il s’agit juste d’une question de terminologie. Comme le fait de surnommer toute boisson enivrante eau de vie.

La preuve, est que dans les législations nous pouvons retrouver deux taux:

Celui de l’intérêt annuel, et celui de l’usure.

Sur le tableau suivant, que j’ai pu trouver sur le site officiel de Banque de France, on constate deux taux: celui de l’intérêt, et celui de l’usure.

usure-interet-riba-islam
Capture d’écran du site officiel de la Banque de France (4 juillet 2015)

En gros, pratiquer de l’usure (fixée à un tiers du taux d’intérêts légal) est enfreindre la loi. Mais quelle loi?

La loi française.

Or, nous nous sommes mis d’accord en début d’article que pour juger de la licité ou non de l’intérêt en islam, nous utilisons la balance des textes sacrés, et non des textes de lois humains.

Intérêts, usure et islam ?

En islam, vendre de l’argent est interdit.

Oui vendre de l’argent.

Car pratiquer l’intérêt c’est vendre de l’argent, et dégager du profit.

Ainsi, pratiquer l’intérêt n’est pas tout le riba interdit en islam, englobe bien plus que cette pratique.

Prêter ou emprunter à intérêt, n’est seulement qu’une des facette du riba en islam.

Toutes interdites.

Pour aller plus loin:
Dans le guide de l’entrepreneur musulman (téléchargeable gratuitement ici) vous retrouverez un chapitre entier sur le ribaa, afin de vous donner une meilleure idée.