L’entrepreneur musulman face aux échecs

L’entrepreneur musulman face aux échecs

(Ou comment transformer vos erreurs en succès)

En moyenne, un lecteur sur deux qui lira cet article échouera dans sa création d’entreprise. C’est un fait ! Plusieurs statistiques (en France, aux Etats-Unis ou encore au Canada) évaluent à quasiment 50% le taux d’échec des entreprises à l’horizon des 5 ans. Ce n’est pas une estimation, ce sont des chiffres !

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Si cette situation vous arrivait ou si vous êtes déjà passé par là, vous êtes certainement curieux de savoir comment éviter d’y être confronté –par la grâce d’Allah– ou quelles sont les actes que vous devez réaliser et quel état d’esprit adopter.

Je vous le dévoile dans cet article.

Echec dans la création d’entreprise : le pire des scénarios ?

Imaginez que vous créiez votre entreprise, avec tout ce que cela comporte comme concessions : tant matérielles que morales.

Vous vous donnez au maximum, et au final : retour à la case départ, voire pire ! Car vous aurez perdu du temps précieux et l’argent que vous y avez investi.

Pire même, il se peut même que vous ayez à rembourser vos créanciers et vos prêteurs d’honneurs.

Vos rêves d’indépendance, de pouvoir vivre librement votre religion et de vous consacrer à ce qu’il y a de plus important, sont partis en fumée.

Du coup, vous recommencez tout à zéro.

Et c’est le scénario qu’a vécu un des frères que j’ai eu en formation en mai dernier : Ibrahim.

Il constituait avec difficulté un capital de départ, l’investissait (dans un business) et finissait par échouer. Puis rebelote : il fallait reconstituer à nouveau un capital pour recréer une entreprise.

Et cela demande du temps, de la volonté et beaucoup d’abnégation.

Nous le savons tous : créer sa propre entreprise, son propre business, sa propre affaire, cela demande beaucoup d’efforts !

Mais la bonne nouvelle c’est que ces risques peuvent être diminués.

Tout comme traverser une route peut être très risqué, il existe des moyens pour les diminuer : mettre en place un passage piéton, construire un dos d’âne juste avant ce passage piéton, installer des feux et des panneaux de signalisation, etc.

Echec ou simple erreur ?

Je pense que la terminologie que l’entrepreneur musulman adopte est extrêmement importante. En effet, choisir de qualifier un faux pas d’échec ou d’erreur n’a pas le même impact. Nous allons nous y attarder.

Il est bien clair que l’erreur comporte une notion beaucoup moins fataliste que le terme échec : lorsque l’on échoue, pour beaucoup, cela veut dire que le résultat final de l’opération était un échec. En revanche, utiliser le terme erreur est beaucoup plus indulgent à mon sens.

Cela ne met pas en cause tout le processus, mais juste une étape dans ce dernier.

Ainsi, je vous invite à bannir le terme échec de votre vocabulaire : N’utilisez que le terme « Erreur » ou « Essai non-concluant ».

Les erreurs sont elles bonnes ou mauvaises ?

[bctt tweet= »« Vous manquez 100 pour cent des tirs que vous ne tentez pas. » – Wayne Gretzky »]

J’aimerais vous poser cette question : pensez-vous que les erreurs soient bonnes ou mauvaises ?

Eh bien, tout dépend de la tournure de la question.

Bien évidemment, une erreur amène souvent à une situation non désirée.

Nous n’aimons pas faire des erreurs, et c’est normal !

En tant qu’humains, nous aspirons à la perfection mais nous savons ne jamais pouvoir l’atteindre. Pourquoi ?

Car faire des erreurs c’est notre fitra (notre nature originelle). D’après Anas Ibn Malik (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et son salut soient sur lui) a dit :

« Tous les fils d’Adam sont fautifs et les meilleurs des fautifs sont ceux qui se repentent ».

[bctt tweet= »Tous les fils d’Adam sont fautifs et les meilleurs des fautifs sont ceux qui se repentent »]

Et le pêcheur est bien celui qui fait des erreurs. Et pas n’importe lesquelles : des erreurs envers son Seigneur.

Mais le plus important est de savoir à quoi servent ces erreurs, et d’en tirer des conséquences car :

«Le Croyant ne doit pas se laisser piquer deux fois (par un animal) sortant d’un même trou. »

Hadith authentique

Ainsi, les erreurs importantes que nous commettons envers notre Seigneur sont graves et demandent un repentir sincère. Et de l’autre côté, le tout Puissant connait notre nature et sait également le besoin que nous avons envers sa Miséricorde et Son Pardon.

Et c’est pour cela que les Textes qui attestent de l’immense pardon d’Allah sont si nombreux : afin de nous rappeler que nos erreurs sont nombreuses et que Son pardon sera là pour les couvrir et cela à la condition d’un repentir sincère !

Mais qu’en est-il des erreurs dans nos projets professionnels ? Sont-elles si grave que cela ?

Y a-t-il des erreurs pires que celles commises envers son Seigneur ?

En fait, ceci dépend de la nature de l’erreur. En effet, adopter un mauvais comportement envers autrui peut être comptabilisé comme une erreur envers son Seigneur, qui nous demande d’avoir un bon comportement.

Voilà, comme nous l’avons vu, les erreurs dans votre vie professionnelle ou dans votre vie personnelle restent des erreurs (et non des échecs).

Tout le monde fait des erreurs : j’ai fait des erreurs, j’en fais toujours, et j’en ferai toute ma vie

A votre tour, il faut se l’avouer et vous verrez, cela vous fera du bien, et vous montrera que se tromper est normal et que vos erreurs ne sont pas insurmontables ni impardonnables.

Les erreurs sont un tremplin

Ainsi, d’après ce que nous avons vu, les erreurs doivent vous motiver à aller plus loin.

Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que si tel n’est pas le cas, cette erreur n’aura servie à rien !

Ainsi, pour être cohérent envers vous-même, prenez du recul et analysez ! Pourquoi vos actions vous ont elles menées à commettre telle ou telle erreur ?

Analysez, et repartez du bon pied. Sinon, toutes les erreurs n’auront servies à rien.

Finalement, l’échec l’erreur n’est pas une finalité (ni une fatalité), mais une étape constructive dans n’importe lequel de vos projets.

Votre projet est comme un puzzle dans lequel vous devez trouver les pièces manquantes. Le problème, c’est qu’il y a plus de pièces que de places disponibles dans votre puzzle.

Ainsi, considérez chaque erreur, comme un avancement : au moins, vous savez et avez la certitude que telle ou telle pièce n’a pas sa place dans le jeu !

La récompense du musulman

Plus tôt dans cet article, je disais que l’erreur est amère. Oui. Mais il faut bien comprendre que lorsqu’un musulman échoue, ou se trompe, c’est avant tout dans son intérêt : Car pour le musulman, même l’échec est source de récompense. Le bien-aimé –que la paix et le salut d’Allah soient sur lui- nous enseigne :

 « Le croyant a certes, une destinée étonnante ! Tout ce qui lui arrive est bénéfique. En effet, lorsqu’un bien lui échoit, et qu’il remercie Allah, c’est alors un bien pour lui. Et s’il est victime d’un malheur, et qu’il se montre patient, c’est là aussi un bien pour lui. Et cela n’est valable que pour le croyant. »

Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous propose de lire le « guide de l’entrepreneur musulman ». Téléchargez-le tout de suite en cliquant sur le lien ci-dessous: